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La fracture numérique en Afrique augmente-t-elle les inégalités de revenus?

La fracture numérique en Afrique

L'Afrique a connu la plus forte croissance mondiale en termes d’accès à l’internet au cours de ces récentes années. Cependant, avec seulement un quart de sa population connectée, John Félicité et Novan Maharahaje, Directeurs chez Ocorian, observent que la fracture numérique en Afrique pourrait s’agrandir davantage et soulignent que le financement du secteur privé et la bonne gouvernance pourraient contribuer à réduire cet écart.

En dépit d’une croissance récurrente et des progrès notables dans maints secteurs économiques, l’inégalité des revenus reste un obstacle majeur au progrès social sur le continent. Selon un rapport de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED), les écarts de revenus en Afrique pourraient se creuser davantage à moins d’actions concrètes pour réduire la fracture numérique – le fossé entre les personnes ayant un accès à l’internet et celles qui n’en ont pas. 

Globalement, l’apport de l’économie numérique est estimé à 15,5% du PIB mondial. Les Etats-Unis et la Chine caracolent en tête alors que l’Amérique Latine et l’Afrique sont bien loin derrière. Estimée à moins d’un pour cent, la part de l’Afrique au sein de l’économie numérique mondiale est négligeable et pourrait encore s’amoindrir à défaut d’un accès abordable à l’internet.

L’Afrique est toujours à la traîne en ce qui concerne l’accès à l’internet

Ayant enregistré mondialement le plus fort taux de croissance d’accès à l’internet - de 2,1% en 2005 à 24,4% en 2018[i] - il est vrai que le continent a fait de grands progrès en termes de connectivité numérique. Cependant, avec seulement 27% de la population connectée sur le continent, l’Afrique est très loin derrière le reste du monde. A titre de comparaison, le taux de pénétration de l’internet atteint presque 90% en Amérique du Nord et en Europe.

La faible pénétration de l’internet en Afrique est également reflétée au niveau de la performance du continent sur des indices liés, comme celui ayant trait à l’état de préparation au commerce électronique. En 2018, la CNUCED établissait que 9 des 10 pays du monde les moins préparés au commerce électronique étaient africains.

Là où l’internet est disponible en Afrique, il est souvent peu accessible du fait de l’absence de compétition. Selon l’organisation ‘Alliance for Affordable Internet’ (A4AI) (Alliance pour un Internet plus Accessible), la tendance pour un internet à haut débit plus accessible est en recul dans plusieurs pays africains. A4AI estime que dans les pays sub-sahariens, quelque 260 millions de personnes vivent dans des marchés dominés par un opérateur unique de réseau mobile. C’est un domaine où les institutions de financement du développement et les investisseurs privés pourraient avoir un rôle déterminant. Ils pourraient apporter leur soutien aux fournisseurs locaux de bande passante, les PMEs du secteur des télécoms et les investisseurs institutionnels locaux tels les banques et fonds de pension.  

Le manque de compétition affecte sensiblement la disponibilité et l’accessibilité de l’internet

On comprend aisément que le manque de choix puisse avoir un impact considérable non seulement sur la disponibilité mais aussi sur l’accessibilité de l’internet. Selon le ‘Affordability Report 2019’ (le Rapport) de A4AI, les populations au sud du Sahara vivant sur des marchés caractérisés par un manque de compétition pourraient en moyenne être en train de payer 5,83% de leur revenu mensuel pour seulement 1 GB.

Le problème du coût élevé de l’accès à l’internet n’est pas restreint à l’Afrique. Dans les pays à revenus faibles et moyens, 1 GB correspond à 4,7 % du revenu moyen, soit plus que le double de ce que les Nations Unies considèrent comme étant le seuil d’accessibilité pour l’internet. Toutefois, selon le Rapport, cette proportion atteint 7,7% en Afrique, ce qui rend l’internet inaccessible pour des millions de personnes.

Quels seraient les effets d’une résorption de la fracture numérique?

Résoudre la fracture numérique pourrait transformer les sociétés africaines. Les emplois et la richesse créés par des nations où l’internet est aisément accessible pourrait bénéficier à un grand nombre de secteurs dont la santé, le transport, l’énergie et l’agriculture en premier lieu.

Nous en voyons déjà les effets positifs dans plusieurs domaines, et dans le secteur de la fintech de manière plus marquée. A l’échelle du continent, l’Afrique peut s’enorgueillir de la plus forte proportion d’adultes du monde disposant d’un compte pour services bancaires via téléphone portable. Il est également vrai qu’au cours des récentes années, l’écosystème que représentent les entreprises technologiques a cru fortement sur le continent, de nouveaux incubateurs, accélérateurs et startups voyant le jour presque sur une base quotidienne. Toutefois, là où des pays comme le Kenya semblent disposer d’un écosystème favorable aux entreprises technologiques et aux services bancaires mobiles, le reste de l’Afrique n’est pas logé à la même enseigne.

Il est évident que beaucoup reste à faire pour combler la fracture numérique en Afrique. L’impact économique des technologies digitales dépend de facteurs comme la bonne gouvernance, l’éducation, le niveau des compétences et l’infrastructure de base. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’accès à l’énergie électrique pour tous en Afrique nécessiterait un investissement annuel de l’ordre de 120 milliards de dollars jusqu’en 2040. Toutefois, par l’accroissement du niveau de compétition, l’atténuation des risques et la dynamisation de l’apport en financement du secteur privé – par le truchement du capital-investissement et du financement mixte – le besoin impérieux de rendre l’internet plus disponible et plus accessible en Afrique a des chances d’être comblé. 


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Chez Ocorian, nous avons eu le privilège d’aider à la création d’entreprises technologiques et de les accompagner dans leur phase de croissance pour devenir des leaders sur leur marché, dans le secteur des services bancaires mobiles, de la microfinance et de l’infrastructure internet entre autres. Cette expérience nous met dans une position unique pour comprendre les facteurs clé de succès et les dynamiques de marché au sein des industries à dominance technologique les plus porteuses du continent.

De l’étape de création à la phase de maturité, nous aidons les entreprises technologiques à mesurer et à faire croître leur Valeur d’Entreprise et leur Valeur d’Investissement tout en nous assurant qu’elles aient le capital financier et le capital de gouvernance requis pour leur développement optimal.

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[i]  ITU World Telecommunication / ICT Indicators database / Base de données des indicateurs TIC, ITU Télécommunications du Monde

[ii] Digital Economy for Africa initiative, World Bank / Initiative d’Economie Numérique pour l’Afrique, Banque Mondiale